La civilisation tibétaine

La civilisation tibétaine

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La foisonnante richesse de la civilisation du Tibet. Puisant dans les littératures tibétaine et chinoise, dans les récits des voyageurs et dans les travaux de nombreux chercheurs, Rolf Alfred Stein (1911-1999) présente ici la foisonnante richesse de la civilisation du Tibet sous ses différents aspects : habitat et populations, histoire, organisation sociale, religion et coutume, arts et lettres. Son propos est de donner, à travers un choix de sujets, de documents et de faits, une vue générale et significative qui permette au lecteur d’appréhender un univers où sacré et profane se mêlent en chaque geste, en chaque son, en chaque voyage. Découvrez un ouvrage qui constitue un livre de référence particulièrement précieux en une période où les Tibétains voient le maintien de leur mode de vie ancestral et de leurs particularités culturelles gravement menacé. EXTRAIT Les chants de mariage commencent par une allusion à la « parole de vérité », terme bouddhique qui a pris, dans le langage courant, le sens de formule de serment et de prise à témoin, chargée de puissance magique (formule d’imprécation : « aussi vrai que… » ou : « que je sois puni si ce que je dis n’est pas vrai ! »). Pour l’épopée, la récitation exacte est aussi importante qu’elle l’est dans le lamaïsme pour les formules magiques et les rites. L’épopée, les chants et les récits des courses, ainsi que les pièces de théâtre jouées au moment de la récolte réjouissent le dieu du pays (montagne sacrée) et créent une communion entre lui et le groupe qui participe à la fête. Pour authentifier le rite, il est essentiel de remonter dans chaque récit à l’origine de telle ou telle institution, et ce récit doit être authentique et véridique. C’est le cas même des rituels lamaïques qui rappellent toujours l’origine, le précédent mythique, qui justifie ce rite. Chose curieuse, ces récits des rituels ont toujours un caractère dramatique et se font remarquer par leur expression littéraire très soignée d’œuvres poétiques. Dans l’épopée, de longs récits poétiques sont consacrés à l’origine et à l’explication symbolique du chapeau du barde, du cheval et de l’épée du héros. Les chants de mariage exaltent l’origine du mariage, du vêtement, du chapeau et du « mouton de bonne fortune », les hymnes des courses l’origine des courses et des clans qui y participent. Ces récits sont volontiers appelés gtam-dpe, expression dans laquelle le dernier mot signifie à la fois modèle, métaphore, dicton, conte et livre. Dans les palabres, on cite comme autorité les « dires » (dpe) des anciens. Dans l’exposé de la « religion des hommes », les différentes parties du corps du lion servent de modèle ou de métaphore (dpe) aux différents genres de traditions. En se conformant aux modèles et aux précédents des temps originels, on s’insère dans l’ordre du monde et on le maintient de ce fait. À PROPOS DE L'AUTEUR Rolf A. Stein (1911-1999), professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’études du Monde chinois, institutions et concepts, de 1966 à 1981, est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels L’Épopée tibétaine de Gesar dans sa version lamaïque de Ling (1956) et Le Monde en petit, jardins en miniatures et habitations dans la pensée religieuse d’Extrême-Orient (1987).

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