Il pleut dans ma mémoire

Il pleut dans ma mémoire

Legimi

Une curiosité qui ravive des secrets de famille datant de la bataille des Ardennes « Ce jour-là selon son habitude, un de mes petits-fils avait été promener sa curiosité aux quatre coins de la maison et en était revenu avec un objet qui manifestement l'intriguait (...). - C'est quoi, ça , Babou ?... Comment aurait-il pu savoir, lui l'enfant de la ville (...), le jongleur de la télécommande qui plébiscite sans réserve les créatures virtuelles qui crèvent tous les écrans ? (...) Entre cet objet patiné par le temps et l'enfant qui m'interrogeait, il y avait quasiment un siècle de distance (...), l'explosion des techniques, la télévision, la globalisation, l'Internet et tant et tant de choses que nous appelons le Progrès !... » Voilà comment un jour, la main fouineuse d'un petit garçon de cinq ans ramena un coffin et, sans crier gare, projeta à l'avant-plan des souvenirs de son grand-père tout un pan de son existence. Alors, au gré de l'humeur vagabonde de la mémoire capricieuse de l'auteur s'imposa le récit de son enfance, prenant l'allure d'une intrusion dans les heurs et les malheurs de ces années 1933-1946 qui semblaient ne plus le concerner. Mais au-delà de cette histoire intimiste souvent au ras du sol d'une cuisine, d'une cour de ferme ou des berges d'une rivière, au-delà de ses expériences « d'enfant sage » et de ses observations de « petit voyeur », au-delà de ses émois, de ses rires et de ses pleurs, au-delà surtout de ses traumatismes dus à la Bataille des Ardennes, Pierre Beauve ressuscite de manière naïve, hasardeuse et sans tabou un cadre de vie où, mutatis mutandis, de nombreux lecteurs se retrouveront. Pierre Bauve présente ici un roman alliant secrets de famille et témoignages historiques d'entre-deux-guerres. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE  - "Ces lignes sont teintées de sourires, de larmes ou de joies qui coulent de l'histoire d'un homme bon, dont le plus noble souhait est d'accorder ses souvenirs et de sourire au petit garçon qu'il a été. [...] C'est une histoire sur le temps qui passe, la beauté d'hier, la candeur, l'humanité qui se repose sur son passé. Les lecteurs originaires de la région de Bastogne, les Ardennais de souche aussi, plus anciens, se délecteront de passages savoureux faisant écho à leur enfance. [...] Les lecteurs plus jeunes et moins avertis, après lecture, parleront peut-être différemment à leurs grands-parents, les écouteront d'une autre oreille, les regarderont avec d'autres yeux."  (Marielle Gillet, L’Avenir, 8/09/2009) EXTRAIT  De nouveau, je me sens saisi à la gorge par une oppressante incertitude. Oh, ce n’est pas la première fois que je me trouve ainsi face à moi-même, sans échappatoire ni diversion possibles. D’abord, il y eut ce 20 mai 1933. Mais en ce jour de ma naissance, j’avais un sérieux avantage : si rien n’était encore dessiné pour moi, c’était ma mère qui, en quelque sorte, avait le choix des couleurs. La deuxième fois, ce fut près de vingt-quatre ans plus tard, le 23 mars 1957. Expulsé du Grand Séminaire que je devais quitter dans l’heure, il me fallait d’un coup réorienter ma vie. Puis, bien des années plus tard, il y eut ma mise à la retraite. Événement heureux certes, et fêté comme il se doit. Mais du jour au lendemain, mon miroir cessa de me renvoyer l’image soigneusement cadrée de mon statut social pour ne plus livrer qu’un reflet flou et anonyme de moi-même.

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